ÉRO-ÉPIGRAMMES

   Ce blog présente une cinquantaine de petits textes rimés ayant généralement une "chute" ironique, amusante, surprenante, etc. 

   Il sont brefs, de deux à huit vers maximum avec une majorité de quatrains.

   Ils ont été choisis pour figurer dans un site spécialisé dans l'érotisme. 

   On ne s'étonnera donc pas qu'ils aient tous une coloration érotique plus ou moins soutenue. 

   La présentation informatique est très simple et pas toujours très bien maîtrisée, je demande sur ce plan l'indulgence des lecteurs, par contre, s'ils ont des remarques ou des critiques a formuler sur les textes, qu'ils n'hésitent pas à me les faire.

   Mon blog est relayé par l'excellent site "Poésies érotiques" qui attend votre visite à l'adresse  http://www.poesie-erotique.com

     

                

Lundi 10 octobre 2005 1 10 /10 /Oct /2005 00:00

 

 

CHANGEMENT DE PEAU ● L'IMPASSE ● LIMITES ● DIFFÉRENCES ● DIALOGUE ● MAIN À MAIN ● BOUCHES ● TRAVAUX MÉNAGERS ● INTERROGATION ● ARCHÉO-GYNIE ● LES VEUVES ● L'ENDROIT ENVIÉ ● SEINS-SOLEILS ● LE NOUVEAU JASON ● LE SHAH ● L'ASSIETTE ET LE DÉCOLLETÉ ● LE RETOUR DU NOCTANBULE ● APPARENCE ET RÉALITÉ ● LE DON TOTAL ● JOYAU VOILÉ ●


 

 

CHANGEMENT DE PEAU

Je suis hypnotisé par la peau de ses cuisses
Qui monte lentement, apaisée, blanche et lisse
Et qui soudain s'incurve et s'exalte et frémit
Et se change en d'obscurs et puissants maléfices
En bouquets ténébreux d'ardents feux d'artifices
Et vibre brusquement comme un nid de fourmis.

 


L'IMPASSE

Gloire à ce sentier clair , cette grand'voie royale,
Cette route pentue pour fêtes compitales,
Ce tunel ténébreux, glissant, étroit et long
Cette allée sans issue, cette ineffable passe,
Ce profond chemin creux, cette éternelle impasse
Dont nul n'a jamais pu sortir qu'à reculons.

LIMITES

Souvent, seule et en vain, je cherche sans repos
La limite indistincte et trouble de ma peau;
Je me perds, je m'égare et je me fuis sans cesse
Dans l'espace à l'entour de moi, vague et abstrait
Et ne me perçois plus qu'a l'intérieur feutré
Du monde merveilleux et pur de ses caresses.

 


DIFFÉRENCES

Ce que j'aime le plus, chez nos voisins, les hommes,
C'est d'être différents de ce que nous, nous sommes,
C'est de sembler très rude et d'être, en fait, très doux,
C'est d'être rectiligne où nous avons des bosses
C'est d'être mince et ferme où l'on est lâche et grosse
Et c'est d'avoir de dur ce que nous avons mou.

 


DIALOGUE
Le premier :
Ma femme (j'ai trop bu!) a bien changé, je crains
Qu'elle ne m'aime plus, me trompe, et c'est un drame
Que je vis... J'ai trop bu... J'ai noyé mon chagrin…

Le second :
-A ta place j'aurai plutôt noyé la femme. 

 

MAIN À MAIN

L’œuvre du Créateur se devine derrière

L’ineffable splendeur de ses charmes soyeux

Et ma main qui caresse encolure et crinière

À travers ses beautés, frôle la main de Dieu

 

BOUCHES

On ne doit pas parler avec la bouche pleine
C'est grossier, impoli, si les enfants l'apprennent
Dès leurs plus jeunes ans, c'est que ce n'est pas beau.
Mon amie néanmoins, a tourné le problème
Quand sa bouche inférieure est pleine, alors elle aime
A tue-tête crier par sa bouche du haut.

 


TRAVAUX MÉNAGERS

Les travaux ménagers m'épuisent, me salissent
Me font porter des gants pour garder mes mains lisses
Mais quand ils sont finis me reste le meilleur
Le monsieur généreux qui chaque soir épanche
Pour mon plus grand bonheur cette tornade blanche
Qui lave et fait briller mon petit intérieur.

 


INTERROGATION

Quel peut être le sens profond
De ce long attribut qui darde ?
Hé! Qui sait! n'est-ce pas, au fond
Qu'un pied de nez de la Camarde !

 


ARCHÉO-GYNIE

Depuis qu'enfin j'ai vu, sous vos fins et doux linges,
La frontière mythique, il m'est venu l'idée
Que si l'homme descend prétendument du singe
La femme, sans nul doute, est née de l'orchidée.

LES VEUVES

S'adaptant de leur mieux, seulement pour survivre,
Je connais mainte veuve hautaine et digne qui,
Nostalgiques des fortes liqueurs qui enivrent
Se saoulent tous les soirs au gin et au whisky.

 


L'ENDROIT ENVIÉ

Il me plaît de penser que certains de mes vers
Écrits avec un cœur quelque peu de travers
Et transmis en tremblant à des beautés cruelles,
Aient fini mieux que moi -triste et seul plus d'un soir-
Jalousement cachés au fond d'obscurs tiroirs
Entre les fines soies de dessous de dentelles.

 


SEINS-SOLEILS

Les globes de ses seins sont comme deux soleils,
L'un sert pour le coucher, l'autre pour le réveil,
Quand s'avance le droit, le gauche se recule,
Ils ont le goût du vent, la fureur de l'éclair
Et savent réunir, à la fois sombre et clair
Le rose de l'aurore et l'or du crépuscule.

 


LE NOUVEAU JASON

Argonaute naïf, Jason sans expérience
Mais, chercheur obstiné, grand amateur de science,
Navigateur furtif errant de port en port,
Endeuillé, douloureux, couvert de cent blessures,
Je n'ai jamais trouvé que des toisons obscures
Mais les ai vénérées comme des toisons d'or.

 


LE SHAH
              Fasse le ciel qu'un jour ...un poète ... donne ...
              à cette vraie merveille un joli nom chrétien.
                                        Georges Brassens.(Le blason)


Certains l'appellent "Chas" et d'autres "Chat" ou

                                                                       "Chatte"
Moi, si j'ai choisi "Shah", c'est au sens autocrate
De Cacique, de Tzar, de Pharaon, de Cheik,
De Tyran absolu qui juge et qui gouverne,
De Seigneur devant qui le peuple se prosterne,
D'Empereur de la Perse et de Roi des échecs.

 


L'ASSIETTE ET LE DÉCOLLETÉ

Mon père, homme de cœur, anti-héros notoire
Me contait quelquefois d'amusantes histoires.
La veille d'un mariage où j'étais invité,
Il me dit: "Interdit, même avec tes cousines,
De lorgner dans l'assiette emplie de tes voisines,
Mais tu peux regarder dans leur décolleté.

 


LE RETOUR DU NOCTAMBULE
Quand je rentre très tard, la nuit, je prends bien garde
De ne faire aucun bruit. Ainsi, je me hasarde
Dans le noir, évitant table, chaise et fauteuil
Sur la pointe des pieds, à tâtons et sans hâte
Redoutant le réveil de sa petite chatte
Qui, je le sais m'attend, et ne dort que d'un oeil.

 


APPARENCE ET RÉALITÉ

La vraie réalité se joue de l'apparence
L'Homme et la Femme sont en pleine incohérence
Toujours trompant autrui et se trompant toujours,
Tels qu'on voit discourir tendrement, se déchirent,
Et tels autres, qu'on croit aux limites du pire,
Qui effraient les enfants et les chiens, font l'amour.

 


LE DON TOTAL

Les femmes donnent tout. Elles donnent la vie,
L'amour et le bonheur, leur vertu, leurs dessous,
Leur beauté, leur gaité, leurs charmes, leurs envies,
Et ne nous prennent rien, sauf notre âme et nos sous.

 


JOYAU VOILÉ

Cypris, qui n'aime pas la couleur violette
Du quintuple rubis de son joyau final
Essaie de le cacher au mieux, tant bien que mal
Sous l'épais réseau noir d'une chaste voilette

 

 

 

Fin d’Éro-épigrammes 1

 

 

Par Anpicar - Publié dans : poésie
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Lundi 10 octobre 2005 1 10 /10 /Oct /2005 00:00

LA NUIT OUBLIÉE ● DESPOTISME ● MAGIE ROSE ● GIBIERS ● HÉRALDIQUE ● DEUIL ● FEMMES FADES ● COLLIER DE PERLES ● HOSPITALITÉ ● ÉVIDENCE ● LES DEMIS ● QUATORZE JUILLET ●
CHIFFONS ● NOMBRES ● ÈVE ● LE CHEVAL D'HECTOR ● L'ADOLESCENT ET LA MATRONE ● LA TRAPPE ● MODE ET BAIN ● DIFFÉRENCES ● CHIC ● COURBES ● ALCHIMIE ● LES PEUPLIERS ● JOYAU VOILÉ ● NOMS D'OISEAUX ● TORNADE ● INSTANT MAGIQUE ● LA VEUVE ● BAL MASQUÉ ● SENSATIONS ●



 LA NUIT OUBLIÉE
La tornade d'amour qui, un quart de la nuit,
A, d'un souffle puissant balayé notre ennui,
Qu'en reste-t-il ? Je cherche, et j'échoue quand je tâche
De trouver, ce matin, un peu plus que ce pieux
Et doux cerne violet sous le bleu de tes yeux
Et sur les draps froissés et froids, ces quelques taches.


DESPOTISME
"Pour gouverner si bien, quel secret a l'Amour ?
Très simple ! Un doigt de fer dans un gant de velours."


MAGIE ROSE
L'amour n'est pas réel, c'est une Magie Rose
Dont l'énigme recouvre et l'effet et la cause
Et qui, outre un divin miracle de langueur,
Crée ses parfums distincts et ses propres musiques
La coupe de cristal, la baguette magique,
Les liquides subtils qui changent de couleur.


GIBIERS
La femme est un bel animal
Dangereux, quand il s'accoutume
Ceux qui lui caressent le poil
Y laissent toujours quelques plumes.


HÉRALDIQUE
Mes armes sont d'hermine au quart-pal gueule en pointe
Avec un chef de carnation de bord à bord
Nuagé de deux besants d'argent, fascés en quinte
Aréolés d'orange et mouchés d'un clou d'or.


DEUIL
Quel remords, quel chagrin sans borne,
Quelle pénitence obstinée,
Quel désespoir amer et morne
T'a conduite à dissimuler
Ce gai petit monstre de gloire
De plaisir de fougue et d'orgueil
Sous la dentelle de soie noire
D'une mantille de grand deuil.


FEMMES FADES
Je n'aime pas ces femmes fades et inertes
Qui subissent, le cœur et le corps étrangers
Nos plus tendres assauts et restent, sans bouger
Le visage fermé et les jambes ouvertes.


COLLIER DE PERLES
Sont-elles de rosée, de lave destructrice
Les perles du collier dont l'orient majestueux
Naît de ton doigt puissant, agile et voluptueux
Et fait cinq rangs autour du col de ma matrice.


HOSPITALITÉ
Ouvre, c'est faisant lettre morte
Des bons avis et des conseils,
Que mon Midi frappe à ta Porte
Pour prendre sa place au Soleil.

 


ÉVIDENCE
Pour l’œuvre où se défont
Les flux que tu déformes,
Ce qui forme ton fonds
Est le fond de tes formes.


LES DEMIS
Quand l'amour nous entraîne ensemble
Dans un violent ressac qui semble
Submerger nos corps en entier,
Je prends conscience que, peut-être,
Je ne suis qu'une moitié d'être
Et que tu es l'autre moitié.


QUATORZE JUILLET
Artificier, ce soir, pour une fois encore,
Que tes fusées, ta poudre, et tout ton arsenal
Éclairent d'un bouquet d'astres multicolores
Le profond velours noir de mon ciel vaginal.


CHIFFONS
Quand tu ôtes tes beaux atours
De soie, de Tergal, de velours,
De forme ou de couleur nouvelle
Que tu n'as plus que ce chiffon
Tout frangé, plein de trous profonds,
C'est là que tu es la plus belle.


NOMBRES
Dieu, c'est bien vrai, a des desseins
Impénétrables et farouches :
Pourquoi m'a-t-il donné deux seins
Puisqu'il ne t'a fait qu'une bouche.


ÈVE
Dieu, s'étant aperçu, au terme des six jours,
Qu'il avait tout conçu, tout créé, sauf l'amour,
Dit: "Il manque une chute à mon œuvre géniale".
Il façonna la Femme et, muet d'admiration,
Signa, sur son ultime objet de création
Noir sur blanc, d'un Delta, qui est son initiale.


LE CHEVAL D'HECTOR
Je me croyais Hector, elle était Andromaque.
De son califourchon, plus fière qu'un Cosaque,
À cru, sans étriers, sans rêne, elle a souri:
"Je galope et je vais jusqu'à l'Orient Extrême,
Je n'ai rien qu'un coursier et qu'un sabre, mais j'aime
De temps en temps me faire un faux Hara-kiri.


L'ADOLESCENT ET LA MATRONE
Depuis , qu'adolescent, une matrone a mis
Son corps exubérant sous mes yeux éblouis
Lors d'une mémorable et longue nuit de noces
Je ne pense et ne vois rien d'autre qui ne soit
Ces collines de chair et ce ravin de soie
Et ne sais plus rêver que de plaies et de bosses.


LA TRAPPE
Prends bien garde où ton pied se pose, le proverbe
Est vrai qui nous apprend qu'il se cache sous l'herbe
Parfumée et fleurie des plus charmants appeaux
Des abîmes sans fond, camouflés d'arabesques
Qui peuvent engloutir des gibiers gigantesques
Et après digestion n'en rendre que la peau.


MODE ET BAIN
C'était au temps lointain des tailles extra basses
Où la mode mettait les ceintures en place
Une demi coudée au-dessous du nombril,
Et, comme nous étions en pleine canicule
Elle avait un petit slip de bain minuscule
Brodé sur trois côtés d'une frange de cils.


DIFFÉRENCES
Ce que j'aime le plus, chez nos voisins, les hommes,
C'est d'être différents de ce que nous, nous sommes,
C'est de sembler très rude et d'être, en fait, très doux,
C'est d'être rectiligne où nous avons des bosses
C'est d'être mince et ferme où l'on est lâche et grosse
Et c'est d'avoir de dur ce que nous avons mou.


CHIC
La très chère était nue ou peu s'en faut, en sorte
Qu'une aura exaltait ses charmes vénériens
La façon de porter vaut mieux que ce qu'on porte
Surtout quand on ne porte rien.

 
COURBES
Mélange raffiné de lisses courbes pâles
De lignes ondulées et de sphères d'opale
De ronds grands et petits polis au brunissoir.
Faisceaux de cercles clairs, chaos d'ondes complexes,
Festival d'univers de langueurs circonflexes
Sous un sceau incongru rude, anguleux et noir.


ALCHIMIE
Mon homme qui picole un peu dans l'eau de vie
M'a, un jour qu'il était en veine de récit,
Expliqué, à travers une curieuse histoire,
Le besoin impérieux de cet alcool blanc pour
Obtenir la liqueur si blanche de l'amour.
Je ne sais s'il dit vrai, mais je le laisse boire.


LES PEUPLIERS
En cette fin d'avril, l'allée de peupliers,
Qu'un scrupuleux printemps n'a garde d'oublier,
Neige un fin tapis blanc dans la cour de la ferme.
Ces semences perdues cherchant un peu d'humus
Font penser à l'errance, en quête d'utérus,
Hasardeuse et nacrée, d'un océan de sperme.


JOYAU VOILÉ
Cypris, qui n'aime pas la couleur violette
Du quintuple rubis de son joyau final
Essaie de le cacher au mieux, tant bien que mal
Sous l'épais réseau noir d'une chaste voilette.


NOMS D'OISEAUX
Mon Chou, mon Canaris, mon Héros, mon Shérif,
Mon Bijou, mon Trésor, mon Roudoudou, mon Homme,
C'est ainsi, par amour, parfois, qu'elle nous nomment,
L'important est, bien sûr, l'adjectif possessif.


TORNADE
Je défaille en sentant l'orage qui traverse
L'entr'ouvert de mon corps, avide de tes liens,
Et savoure l'instant béni où tu déverses
Le trop plein de ton cœur dans le vide du mien.


INSTANT MAGIQUE
S'il est un seul instant magique parmi ceux
Multiples, jalonnant souvent la vie à deux,
Un instant merveilleux étonnant, et qui puisse
Faire tout oublier c'est, quand, comme à regret,
Forcée par ses passions, presque contre son gré,
Une femme inondée d’ardeurs ouvre ses cuisses.


LA VEUVE
Le veuvage me pèse, hélas, de plus en plus
D'effroyables désirs m'écorchent l'utérus
Sans l'espoir d'une trêve, au seuil du troisième âge.
Je rêve tous les soirs d'un grand jeune homme brun
Vigoureux, décidé, amoureux comme aucun
Et qui me fait subir les plus tendres outrages.


BAL MASQUÉ
Domino, Arlequin, Pierrot, qui que tu sois
Déroule dans mon ciel ton serpentin de soie,
Noie-moi de confetti vifs et multicolores,
Sabre, d'un choc nerveux, un ultime magnum
Dont le jaillissement en vibrant Te Deum
Étanchera ma soif en délires sonores.


SENSATIONS
Quand il est bien au fond, mes cinq sens bouleversent
Tout en moi, je ne suis qu'un endroit qu'on traverse
Je me métamorphose en service d'accueil.
Ma peau qui ne sent plus et semble être inutile
Concentre en un seul point mes sensations tactiles
Dans ma deuxième bouche et dans mon troisième oeil.

  

Fin d’Éro-épigrammes 2

Par Anpicar - Publié dans : poésie
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